Economie circulaire : quelles opportunités ?

L’idée d’économie circulaire s’invite désormais dans tous les débats liés à l’environnement ou au développement durable. Plus qu’un buzzword, le terme est fédérateur ; il prétend réconcilier économie avec environnement et assurer une cohérence entre différents concepts et tendances visant à assurer une croissance économique dans un contexte de raréfaction des ressources naturelles.

Ainsi, le projet de loi sur la transition énergétique dédie son titre IV à la promotion de ce concept et donne de grands objectifs de progrès en terme de lutte contre le gaspillage et de valorisation des déchets. Mais cette tendance n’est pas franco-française et la Commission Européenne a publié début juillet une feuille de route intitulée « vers une économie circulaire : programme zéro déchet pour l’Europe ». Afin d’atteindre d’importantes économies pour l’industrie (600 Milliards d’€/an !), la Commission souhaite par exemple renforcer la règlementation sur les déchets, favoriser l’utilisation de matériaux recyclés, ou encore intégrer des critères d’« efficacité matières » dans les exigences de la Directive Ecodesign.

On voit donc que le législateur s’empare du sujet. Pourtant, si le modèle est économiquement viable, il devrait y avoir de la place pour des actions volontaires portées par l’industrie !

Les différentes facettes de l’économie circulaire

La définition de ce concept très général peut se faire de différentes manières :

  • par opposition au modèle économique traditionnel qualifié d’« économie linéaire »,
  • en utilisant l’image de l’économiste K. E. Boulding : « passer d’une économie de cow-boy à une économie de cosmonaute »
  • ou de manière plus scolaire, comme dans le projet de loi sur la transition énergétique: « un modèle d’économie circulaire fondé sur le développement d’un système de production et d’échanges prenant en compte, dès leur conception, la durabilité et le recyclage des produits ou de leurs composants de sorte qu’ils puissent être réutilisés ou redevenir des matières premières nouvelles, afin de réduire la consommation des ressources et d’améliorer l’efficacité de leur utilisation. »

Plus concrètement, l’économie circulaire regroupe aussi bien une gestion efficace des ressources naturelles, une prise en compte lors de la conception des produits avec l’éco-conception ou le bio-mimétisme, le développement de l’écologie industrielle qui permet aux différents acteurs économiques d’un territoire donné d’optimiser les flux de matière et d’énergie, l’apparition de nouveaux modèles économiques, basés sur l’économie de fonctionnalité, les achats responsables et le partage, une politique « zéro déchet » ou tout est recyclé, et la mise en œuvre de la responsabilité sociétale des entreprises.

L’application de toutes ces idées doit permettre d’assurer une croissance économique sans augmentation de la pression environnementale. L’optimisation du cycle de vie des produits sera valorisée et des innovations devraient voir le jour. L’application de l’économie de fonctionnalité permet ainsi à un fabricant de produit de valoriser directement ses efforts en terme de durée de vie du produit ainsi que ses innovations liées par exemple aux services ou à la maintenance préventive. Ce modèle impose aussi de faire appel aux technologies de l’information pour faciliter les échanges d’informations entre fournisseurs de matière, fabricants de produits, utilisateurs et recycleurs.

Quelles conséquences pour notre industrie ?

La mise en œuvre de l’économie circulaire aura des conséquences sur notre industrie ; à vrai dire certaines sont déjà présentes et sont très concrètes.

Des produits sont en effet déjà soumis à diverses réglementations qui mettent en oeuvre ces principes, tels que la Directive Ecodesign ou la Directive DEEE. Ces contraintes sont d’ailleurs amenées à se renforcer en couvrant toujours plus de produits et en ajoutant des exigences sur la durée de vie, la réutilisabilité des produits ou l’emploi de matériaux recyclés. Souvent pensées d’abord pour des produits grand public, les nouvelles réglementations demanderont une vigilance particulière pour qu’elles restent adaptées à nos équipements. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons poursuivre et renforcer les actions de la profession s’inscrivant dans l’économie circulaire.

Par ailleurs, nos usines sont aussi impactées dans la mesure où les déchets et rejets d’une entreprise devraient, dans la mesure du possible, devenir les ressources de l’entreprise voisine. C’est ce qu’implique la notion d’écosystème industriel, qui n’est pas qu’une utopie puisqu’elle commence à être mise en oeuvre de manière systématique par endroit. Toutefois, le chemin est encore long avant que cela ne se généralise, les bonnes idées dans ce domaine étant rarement transposables d’une zone industrielle à une autre.

Mais ces changements représentent aussi de nouveaux marchés. Le développement du recyclage, la réutilisation de l’eau ou encore la récupération d’énergie nécessiteront l’utilisation d’équipements tels que les pompes, robinets et compresseurs. Une opportunité à saisir pour notre industrie.

Julien CHALET, Responsable Technique & Environnement Adjoint, PROFLUID

Publicités

About PROFLUID

Association française des pompes et agitateurs, des compresseurs et de la robinetterie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :